Rencontres
entre les Céramophiles et la nouvelle Garde bornoise !
La première visite organisée à La Borne par notre association datait du week-end du 1er mai 2015, et avait réuni une vingtaine d’adhérents enthousiastes.
Depuis, nous avions eu tout loisir de revenir avec quelques amis, pour Les Grands Feux, ou pour une exposition spécifique organisée par le CCLB.
Mais depuis, certains adhérents ont plus de temps libre, et de nouveaux membres céramophiles nous ont rejoints.
La commission « activités » ayant décidé de favoriser les voyages en groupe sur les lieux céramiques emblématiques, afin de donner à nos membres l’occasion d’échanger et de mieux se connaître, nous avons choisi de commencer par La Borne. Nous voulions voir ce qui avait changé depuis 10 ans et surtout nous étions curieux d’aller à la rencontre des nouveaux céramistes qui s’y étaient installés.
La rencontre avec François Lerat et Esther Martinez, à Bourges, dans le salon de Jacqueline et Jean Lerat, a été une formidable introduction. François nous a retracé avec beaucoup de sensibilité le parcours de ses parents, il nous a ouvert les carnets de croquis, l’atelier, le four. Depuis notre dernière visite, il a beaucoup travaillé sur les archives de ses parents et prépare un catalogue raisonné. Il nous en parlera lors de la visio-conférence du 15 octobre.
Nous sommes allés voir les « Amazones » de Bourges, œuvre monumentale constituée de 41 médaillons de portraits de femmes célèbres réalisée par Jacqueline et Jean lors de la construction de l’internat du lycée de jeunes filles, et avons terminé la soirée par un moment très convivial autour d’un buffet dans le jardin qui a tant inspiré Jacqueline.
Avec Isabelle Brunnarius, nous avions prévu que notre séjour durerait deux jours sur place, c’est beaucoup trop court ! Et, j’en suis consciente, nous avons frustré nos amis collectionneurs comme nos amis céramistes.
Précisons que pour un tiers des participants, il s’agissait d’une première visite à la Borne, ce n’est donc que partie remise. Patrick Benoît propose déjà d’accompagner ceux qui le souhaitent pendant les Grands Feux fin octobre.
Le séjour se déroulait fin août, car nous voulions absolument voir la double exposition présentée au CCLB : « Comme une rétrospective ? » de Marc Uzan, et « L’heure bleue » de Benoît Pouplard. Tous deux nous ont fait l’honneur de venir nous rencontrer.
En résumé, nous avons voyagé sur une banquise bleue, pure et éclatée avec Benoît, et avons admiré les formes parfaites et l’immense palette d’émaux maîtrisés par Marc. On ne peut pas imaginer plus grand contraste ! (Lire les articles qui leur sont https://www.lesceramophiles.org/page/3454651-artiste ).
Quels moments privilégiés ! Nous avons pu poser les questions qui nous intriguaient sur leurs inspirations, leurs techniques, leurs relations avec les galeries, les collectionneurs, nous avons beaucoup appris sur leur démarche artistique.
Dominique Coenen (vice-présidente de l’association du CCBL) et Marie David Géhin ont été des hôtesses très généreuses. Après la présentation du Centre et de l’exposition actuelle des œuvres des membres de l’association, elles nous ont conviés à partager un buffet. Ce fut une nouvelle occasion de prolonger les échanges avec Marc Uzan, Benoît Pouplard mais aussi les céramistes venus à notre rencontre. Liste des Céramistes permanents du CCBL.
Le village étant petit, il nous a été très agréable de pouvoir déambuler à pied dans les rues du village. Les lieux de vie et de travail semblent se confondre. On aperçoit des panneaux fléchés, des vitrines, les affiches, des jardins et leurs pots en grès, et parfois les fours. Nous nous sommes arrêtés devant celui qui a servi pour le symposium de 1977. Comme nous l’a expliqué François Lerat.
Les rencontres avec Emilie Vanhaecke, Marie David Géhin et Mélanie Minguès dans leurs ateliers étaient très attendues.
Elles nous ont permis de rentrer dans leurs univers. Leur parcours, leur filiation, l’évolution de leur travail et leurs recherches. Les céramistes de la Borne, comme Eric Astoul, les rencontres lors de cuissons au bois collectives ont manifestement contribué à leur envie de s’installer à la Borne.
Elles nous ont dit combien il est difficile de trouver un atelier et un lieu de vie à la Borne, mais elles ne remettent pas en question ce choix.
Marie David Géhin a pu s’installer dans l’atelier Lerat-Boyer, après avoir contribué à sa remise en état. C’est un lieu d’histoire, magnifiquement conservé, dans lequel elle a su mettre en valeur son travail.
Le lendemain matin nous avons visité le musée de La Borne. C’est maintenant dans la chapelle qu’est logée la collection Yvanoff ! quelle chance de pouvoir enfin découvrir la variété des talents de ce grand artiste d’avant-garde, contemporain des Lerat.
Puis, entre passé et futur, nous sommes rentrés dans le musée galerie boutique LE TOTEM
Les collections de Janet Stedman et Pierre Digan, deux acteurs incontournables des années 60-80 à la Borne, y sont présentées dans et autour du four Digan. (De nombreux jeunes potiers ont travaillé dans cette entreprise artisanale pour gagner leur vie, avant de s’installer à leur compte.)
Dans un autre espace de la galerie, une programmation qui varie chaque année, nous a permis de découvrir les sculptures de jeunes créatrices dynamiques et talentueuses, regroupées dans l’association « Les argilées » dont la présentation nous a été faite par Livia Dalbouse et Hélène Foucher. Hélène nous a expliqué comme le stage chez Anne Verdier avait modifié sa recherche artistique et favorisé un travail à l’estampage. Livia nous a parlé de son corps à corps ave l’argile, ses jarres ont une colonne vertébrale très structurante.
L’après-midi, nous sommes allés au « Point du jour ».
Mia Jensen et David Whitehead y développent un travail personnel, chacun dans son univers et dans son atelier, à la limite de la forêt. Mais ils se retrouvent autour du four à bois pour y réaliser de très belles cuissons. Leur savoir-faire permettra de recouvrir leurs pièces magistrales de dépôts de cendres et de subtiles couleurs.
La dernière visite d’atelier fut pour rencontrer Christophe Léger. Bien cachés dans les bois son lieu de travail et de vie ne manquent pas de charme.
Avec beaucoup de patience pour répondre à nos demandes, il nous a expliqué son parcours, présenté son travail actuel de sérigraphie, réalisé à quatre mains avec la photographe Anaïs Boudot.
« Ses salières », comme ses bouteilles sont cuites au bois dans les fours de ses copains. Comme lui elles sont généreuses et sont le fruit de partages d’expériences.
Ce voyage révèle que la Borne n’est pas seulement un patrimoine céramique à préserver ; c’est un territoire vivant qui continue à produire de nouvelles générations d’artistes, tout en restant lié au feu, au collectif et à la transmission.
Et comme une cerise sur le gâteau : ceux qui repartaient en direction de Paris, se sont arrêtés à la galerie Capazza, où Laura, Sophie et Denis nous ont accueillis chaleureusement.
Ils nous avaient fait la surprise de demander à Jean-François Fouilloux de venir.
Ce fut un privilège d’échanger avec lui sur sa grande expertise du céladon et de sa technique de la réalisation des lames.
En conclusion, j’aimerais que nous nous interrogions sur ce que ces rencontres changent dans notre manière de regarder ou d’acquérir une pièce ?
Mon expérience est que les céramiques que nous avons rapportées de ce voyage garderont la trace de tous ces moments partagés. Ils seront beaucoup plus qu’un simple souvenir.
A bientôt pour de nouvelles aventures.
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